dimanche 11 mars 2012

Star Wars, retour à l’origine

Clinton-Felker-Star-Wars-Samouraï-Vader

Clinton Fleker fait un clin d’oeil aux personnages de Star Wars en les situant dans un univers médiéval japonais . Il s’agit d’un retour aux origines puisque l’on sait que Georges Lucas a été influencé par La forteresse cachée

Vous pouvez avoir une idée de la façon de travailler de Clinton Fleker grace à cette vidéo

L’ombre des super héros

Batman Shadow by Lily

Chaque Super Héro a sa part d’ombre. Et Lily la révèle à merveille. Batman, Spiderman, Flash, Green Lantern, Wolverine Captain American, Wonder Woman et Hulk révèlent grâce à elle toute leur lumière.

mercredi 7 mars 2012

Les mécanismes de défense de Batman

Lorsque l’on regarde le diagramme des mécanismes de défense de Batman, on est frappé par le fait que tous les niveaux défensif sont représentés, à l’exception du niveau de la dysrégulation défensive. Les scores obtenus sont moyens, c’est à dire que Batman obtient toujours la moitié des points possible. Cependant, certains mécanismes repérés  ne correspondent pas à ce que l’on sait par ailleurs du Seigneur Noir, et doivent être discutés au regard de sa situation clinique.

 

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Le niveau adaptatif élevé

Le point obtenu sur le mécanisme de défense sublimation doit être discuté. En effet, la vraie sublimation n’est pas seulement la satisfaction de désirs sous une forme acceptable par la société. Il faut que l’individu y trouve un épanouissement personnel. Par exemple, une personne pourra transformer sa curiosité sexuelle infantile et son sadisme en exerçant le métier de chirurgien en y trouvant son compte. Une autre peut exercer ce même métier du fait du désir de ses parents d’avoir un enfant médecin. Le service rendu à la société est le même, mais l’épanouissement personnel est largement compromis dans le second cas.

Peut-on dire que Batman sublime ses désirs infantiles, sexuels ou agressifs ? Certes, il rend service à la société, mais se rend-il service à lui même ? Le fait qu’il ne semble pas prendre plaisir à ce qu’il fait montre qu’il ne s’agit pas vraiment de sublimation. Il n’y a pas dans la lutte de Batman contre le crime d’effet libérateur ou d’exaltation. L’effet sur les sentiments de haine et de colère qu’il porte en lui est nul ou insignifiant. Nous somme ici davantage en présence d’un mode de fonctionnement compulsif dans lequel la contrainte joue un rôle majeur. Batman est Batman parce qu’il ne peut pas faire autre chose. Et sa lutte contre le crime ressemble davantage à un activisme effréné pour ne pas avoir à traiter ses démons intérieurs qu’à une activité dans laquelle il s’épanouit.

De la même façon, il n’est pas possible de distinguer une position altruiste chez Batman. L’altruisme suppose un dévouement aux autres  impliquant des gratifications. Le Batman n’est pas accessible aux gratifications. Il est tout entier bâti contre l’expérience du plaisir et même le plaisir du travail bien fait lui reste interdit. Cette impossibilité à s’ouvrir au plaisir montre a quel point sa position est enkystée dans des positions névrotiques.

Le niveau des inhibitions mentales

La dissociation est un mécanisme permettant de s’éloigner de la réalité interne ou externe. Chez Batman , la première dissociation est celle qui sépare les vies de Bruce Wayne et de Batman. Ce que Batman réalise, Bruce Wayne pourrait il le faire ? Ce n’est pas certain. Nous savons que le costume fait la fonction, et il est probable que dans le cas du Chevalier Noir, revêtir sa combinaison est une manière de se préparer à un autre régime d’être et de penser. Cela permet à Bruce Wayne de s’éclipser et à Batman de prendre toute la place. C’est cette dissociation qui  permet à Batman de se lancer dans des batailles sans trembler. Dans les situations de stress intense, Batman peut faire ce qu’il a à faire. Le calme dont il fait preuve en toute situation prend sa source dans ce mécanisme de défense.

Le niveau de distorsions mineures

L’idéalisation est un des mécanismes défensifs utilisé par Batman.  Elle consiste à attribuer aux autres des qualités exagérément positives. A cette définition du DSM-IV, on pourrait ajouter qu’il existe une idéalisation négative qui consiste à attribuer à un objet des qualités exagérément négative. De ce point de vue, tous les super vilains de Gotham seraient des images de l’idéalisation négative utilisée par Batman.

Si l’on en reste à la définition du DSM, cette idéalisation a été utilisée à propos du procureur de Gotham que Batman et Bruce Wayne ont un moment considéré comme le sauveur de la ville. Les parents de Bruce Wayne sont également pris dans cette idéalisation, car ils sont toujours présentés comme des parents idéaux. Ils ne sont jamais mis en cause dans l’accident de Bruce Wayne quand il était enfant, alors que l’on peut penser à un défaut de surveillance. Ils sont toujours considérés comme un couple aimant et sans aucun conflit. L’idéalisation qui est en jeu dans ces deux cas est une inhibition grandiose et primitive.

D’autres mécanismes de défense peuvent être repérés : la dépréciation et  l’omnipotence. Si Batman manque d’humour, il peut parfois faire preuve d’un certain dédain vis à vis de ses ennemis. Batman n’a jamais tort. Il n’est jamais en proie au doute. Ce sont les autres qui sont dans l’erreur et qu’il faut conduire en prison ou à l’asile. Il n’a aucune empathie vis à vis des personnes qu’il combat. Il les juge différentes de lui –malgré tous les signes du Joker qui tente de lui faire comprendre que cette différence est une illusion -  et sans valeur

L’omnipotence est liée à la dépréciation : plus l’autre est sans valeur, plus la valeur que l’on s’attribue augmente. Elle marque l’identification du Batman à un objet totalement bon – les bons parents combinés, la “bonne” mère, le “bon” père.

Le niveau du désaveu

Le déni est un mécanisme de défense permettant de refuser de reconnaitre des aspects douloureux de la réalité externe ou interne. C’est un mécanisme nécessaire lorsque vous devez faire face à un adversaire plus puissant que vous et que vos capacités sont altérées ou diminuées par les combats précédents que vous venez de mener. Etre le Dark Knight, c’est être banalement plongé dans ce genre de situations extraordinaires. Et pour y faire face, le déni est un mécanisme extrêmement utile. Le déni est cependant un mécanisme aussi utile que couteux. Il permet de se focaliser sur ce que l’on investit ici et maintenant. Mais il s’agit là d’une solution temporaire car ce qui est dénié fait toujours retour dans la vie de la personne sous une forme ou sous une autre

Le niveau de distorsion majeure

Le clivage est l’opération par laquelle un sujet met de coté des aspects de sa vie psychique. De ce fait, les aspects positifs et négatifs des objets intériorisés ne s’intègrent pas en une image cohérant. Le clivage est lié à l’idéalisation, à  l’omnipotence et au déni. Batman utilise à la fois le clivage de l’objet et le clivage du Moi. Il considère que Harvey Dent est totalement bon et Double Face totalement mauvais. Il ne fait pas de doute pour lui qu’il est du coté des bons et que ceux qu’il combat sont du coté des mauvais. L’absence de doute, la difficultés à construire des représentations complexes dans lesquelles coexistent des aspects bon et mauvais est le signe le plus évident du clivage. De ce point de vue, Batman a une construction de la réalité insuffisante puisqu’il ne peut pas reconnaitre qu’une chose ou une personne puisse être à la fois “bonne” et “mauvaise”

Le niveau de l’agir

Le passage à l’acte est une modalité défensive qui substitue l’agir aux pensées et aux affects. C’est une modalité défensive que l’on est en droit d’attendre chez les Super Héros comme Batman qui sont tournés vers l’action. Mais il faut affiner  un peu l’image. Batman n’est pas un être impulsif. Il passe beaucoup de temps dans son laboratoire à analyser les situations. Il a toujours un plan d’avance sur ses adversaires. Il n’est pas sans penser. Au contraire, sa pensée ne se relâche jamais. Elle prépare les actions explosives de son corps.  Il y a donc plutôt deux modalités d’être au monde chez Batman. Dans la première, il est pure pensée. Son être n’est que rationalité et rationalisations. Dans sa seconde, il est pure pensée. Son être n’est que corps et action.

samedi 3 mars 2012

Super héros et mécanismes de défense

Le bouclier de Captain America, image iconique des mécanismes de défense
Le bouclier de Captain America, image iconique des mécanismes de défense
Une des manières d’approcher la psychologie des super héros est de s’intéresser à leurs mécanismes de défense. Par mécanisme de défense, on entend les mécanismes psychologiques mis en place par une personne pour faire face à une situation stressante ou un conflit intrapersonnel. La vie de super héros étant par définition une vie de stress et de conflits,  on peut penser que l’on pourra en faire la collecte assez aisément.
Si les super héros sont si magnifiques, c’est parce qu’ils traitent de problèmes gigantesques avec des moyens humains. Avoir une super vitesse, pouvoir se transformer en torche ou en morceau de glace, voler dans des galaxies lointaines… tout cela n’a plus aucune importance lorsqu’il s’agit de traiter de culpabilité, d’abandon, de honte, de désespoir, d’estime de soi, ou d’amour. Les super héros doivent traiter des problèmes qui mettent en jeu le vivre d’autres personnes, avec les mécanismes psychologiques qui sont ceux de Monsieur et Madame Toutlemonde. La puissance du Phénix est inutile à Jean Grey lorsqu’elle doit faire face à sa culpabilité de d’avoir détruit des mondes entiers.
Les mécanismes de défense sont de qualité variable. Ils ont tous pour fonction de défendre l ‘individu de l’anxiété mais ils se différencient par le fait que certains mécanismes respectent la réalité, tandis que d’autres prennent quelques liberté avec elle. Il est donc possible de trier ces mécanismes selon la qualité du contrôle maintenu avec la réalité.
Les sept niveaux de fonctionnement défensif.
Le DSM-IV distingue sept niveau de fonctionnement défensif :
1. le niveau adaptatif élevé engagent les mécanismes qui prennent pleinement en compte la situation qu’il s’agisse de la situation interne (les sentiments, les idées, et les conflits) ou des dangers externes. Il comprend des mécanismes défensifs tels que tels que l’humour, la sublimation, ou la répression. Spiderman, grand habitué des conflits intrapersonnels, est le héros qui met ses pouvoirs au service de la collectivité. Il les sublime après avoir constaté que leur usage égoïste lui apportait finalement plus de problèmes que de plaisirs.
2. Le niveau des inhibitions mentales ou de la formation de compromis comprend des défenses qui fonctionnent hors du champ de la conscience comme le refoulement, le déplacement, l’intellectualisation. Lorsqu’il est question d’intellectualisation et de super héros, le nom du Professeur Xavier vient immédiatement à l’esprit. Pour le professeur Xavier, la bonne éducation doit pouvoir venir à bout de toutes les difficultés. Tous ses pouvoirs sont des pouvoirs psychiques et c’est sur eux qu’il compte pour mener le monde à la paix.
3. Le niveau de distorsion mineure de l’image de soi, du corps ou des autres est constitué de mécanismes qui défendent électivement l’estime de soi : l’idéalisation, l’omnipotence ou la dépréciation. Peut-on être super héros sans être omnipotent ? Après tout, tous les super héros s’imaginent être totalement bons, et tous imaginent que leurs pouvoirs sont un remède aux malheurs du monde.  Ici, tous les porteurs de super pouvoirs ne sont pas égaux. Les super héros connaissent toujours des moments de doute. Certains perdent même leurs pouvoirs. Ils sont en cela profondément différents des super vilains qui ne connaissent aucun moment de remise en question de leur omnipotence.
4. le niveau du désaveu est constitué par les mécanismes qui ne reconnaissent pas  les facteurs de stress et d’anxiété ou les attribuent à une cause externe. Le déni, la projection ou la rationalisation appartiennent à ce groupe de défense. Là encore, le désaveu semble être lié à la condition de super héros. Un super héros n’est pas super héros uniquement du fait de pouvoirs extraordinaires. Il l’est parce qu’il se lance dans la bataille alors que d’évidence, la bataille est perdue. Mais ce qui est une évidence pour tout le monde ne l’est pas pour le héros. Ne faut il pas une bonne quantité de déni pour combattre Galactus ?
5. Le niveau de distorsion majeure de l’image modifie de façon importante l’image de soi ou des autres. L’identification projective ou le clivage de l’image de soi et des autres en sont de bons représentants. Double Face est l’image même de la personne souffrant d’un clivage du Moi. Il peut passer sans transition d’une conception du monde à une autre. Un moment, il est Harvey Dent,  le talentueux procureur de Gotham et le moment d’après, il est Double Face, partie sombre et criminelle du procureur.
6. Le niveau de l’agir est constitué de défenses qui remplacent la pensée par l’action, ou au contraire le retrait apathique. Wolverine est un habité des passages à l’acte. Il les associe a un refoulement extrêmement puissant qui lui font oublier tout les actes – généralement  meurtriers – qu’il a pu connaitre. Sans allez jusqu’a ces extrêmes, son impulsivité le pousse à sortir ses griffes et à penser ou négocier après.
7. Le niveau de la dysrégulation défensive est constitué par une rupture plus ou moins totale avec la réalité : projection délirantes, déni psychotique ou distorsion psychotique. Par la projection et le déni, le sujet crée un monde plus conforme à ses désirs sans toutefois les reconnaitre. Ainsi, le Hellfire Club n’a pas d’autre existence que dans l’esprit de Emma Frost

Il faut garder en tête qu’il n’y a pas de bon ou de mauvais mécanismes de défense. Tout est une question d’équilibre, et de circonstance. Par exemple, le déni peut être un moment nécessaire le temps d’intégrer petit à petit une information difficile. L’humour qui est un mécanisme de défense élaboré peut se révéler inadapté s’il est utilisé à tout bout de champ. Ce qui va faire la différence, c’est donc la possibilité pour un sujet de moduler ses défenses en fonction des situations.

jeudi 1 mars 2012

L’asile d’Arkham

Dans le monde de Batman, l’asile un personnage en soi, tout comme l’est Gotham. Il est le lieu le plus archaïque de l’univers de Batman. C’est là que sont enfermé les vilains les plus dangereux. Autrement dit, c’est là que sont représentées les peurs les plus profondes de Batman. L’Asile d’Arkham est construit sur un jeu de miroir car son nom renvoie à la ville d’Arkham, crée par l’écrivain H. P. Lovecraft, dans laquelle des forces puissantes et anciennes tente de rétablir leur domination sur l’humanité. Les personnages humains perdent souvent la raison lorsqu’ils sont au contact de ce qu’ils considèrent être des horreurs sans nom. Ils finissent régulièrement internés à l’hôpital psychiatrique de la ville. Le procédé utilisé ici est celui du “rêve dans le rêve” (Saint Germain, Ph. 2010) : la ville de Gotham renferme un asile qui est lui même une porte vers un tout autre univers. Ce procédé porte la question de Poe : “Tout ce que nous voyons ou paraissons, n’est-il qu’un rêve dans un rêve ?” Ou est la réalité ? Est-ce Batman combattant la nuit le crime ? Combat-il le crime ou les crimes ? Combat-il le crime d’hier, celui de crime alley ? Ou les cimes d’aujourd’hui ? Qui combat ? qui est réel ? Est-ce Batman ou Bruce Wayne ?

A l’asile d’Arkham, la distinction entre les patients et les médecins est toujours mince. Anne Carver à tenté de tuer son patient, Warren White, après que celui-ci lui ait fraudé pour elle à la bourse.  Avec le docteur Carver, la distinction s’efface puisqu’il s’agit en fait de Jane Doe, un maitre du déguisement, qui a pris sa place après l’avoir tuée.  Le docteur Jonathan Crane est un psychologue qui travaille main dans la main avec la pègre de Gotham. Il a mis au point un hallucinogène qui lui permet de créer des terreurs intense chez ses victimes. Arkham est une institution pervertie, une sorte de nef des fous, un espace dans lequel les figures de la moralité et du soin se comportent de façon amorale et pathologique. Les soignants sont des criminels et les criminels se font passer pour des soignants. En d’autre termes, les figures parentales n’assurent pas leurs fonction de protection et de nourrissage psychique.

L’Asile d’Arkham est construit sur la mémoire d’une femme, Elisabeth Arkham, mère de Amadeus Arkham. Après le suicide de sa mère, son fils utilise son héritage pour construire une institution afin que nul autre n’ait à souffrir les même souffrances que sa mère. Il est construit également sur un déni, car Elisabeth ne s’est pas suicidée, mais a été tuée par son propre fils dans un moment de délire à deux : Amadeus partage les hallucinations maternelles et voit une immense chauve-souris terrifiante et lugubre. Il tue sa mère afin qu’elle n’ait plus à souffrir de cette vision et construit l’asile pour verrouiller le refoulement conservateur qu’il a mis en place : ne nul n’ait à souffrir des même souffrance que sa mère est l’équivalent de “que nul n’ait à se rappeler qu’il a tué sa mère”

La porte de l’asile d’Arkham ressemble à un cimetière et ce n’est pas tout à fait un hasard. Il renferme les souvenirs de la mort d’Elisabeth Arkham. Il est en fait l’image d’une crypte psychique. Les psychanalystes Nicolas Abraham et Maria Torok désignaient par ce terme les effets d’un défaut de transmission du fait de traumatismes ou de hontes intenses. La transmission s’effectue alors secrètement. Une partie de l’inconscient de l’un est enkystée dans l’inconscient de l’autre. Le dépositaire de la crypte est alors hanté par son contenu qui lui revient sous la forme de symptômes (comportements incompréhensibles, hallucinations…). L’image du cimetière est un indice des crimes anciens qui ont été commis et qui demandent à être reconnus.

Les cryptes finissent toujours par suinter. Le secret se dit alors sans se dire au prix de transformations. L’une d’elle est le paronyme, c’est à dire des mots proches du mot du secret. Ainsi, Arkham est phonétiquement proche de Ockham. Il est ainsi lié au rasoir puisque William d’Ockham a inventé le principe dit du “rasoir d’Ockham” selon lequel  une pluralité ne doit pas être posée sans nécessité. Autrement dit, le nom Arkham rappelle à la fois l’arme du crime et l’opération de pensée qui aurait pu l’éviter. Il est en effet inutile d’inventer une pluralité (le démon chauve-souris) là ou la pathologie mentale suffit.

L’Asile de Gotham n’est pas seulement une image des secrets de la famille Arkham. Il est aussi une image du fonctionnement psychique du Chevalier Noir qui maintient hors de la circulation générale de son psychisme un espace qui referme des tendances psychique. Ce monde à l’envers ou le fou est psychiatre et ou le psychiatre est un fou est l’endroit du monde d’une personne qui a comme emblème un animal qui se repose la tête en bas. Le Joker ou l’Epouvantail sont les pensées folles de Batman qui s’échappent régulièrement de son inconscient et qu’il réprime tout aussi régulièrement. L’Asile d’Arkham indique que tant que ces tendances seront traitées en ennemies, il n’y aura pas de possibilité d’évolution pour Batman.

lundi 27 février 2012

Batman et la massue

Il existe beaucoup de traits communs entre  Batman et Héraclèss. Tous deux sont enfants d’un père prestigieux (un capitaine d’industrie pour Batman, Zeus pour Héraclès), tous deux sont soumis à un grand danger enfants (la scène de crime alley, des serpents envoyés par Héra), tous deux sont élevés par d’autres parents que leur père (le majordome Alfred, Amphitryon), tous deux subissent une initiation par un maitre (Ra’s Al Ghul, Chiron). Le parallèle s’arrête là : Héraclès est décrit comme pouvant s’emporter facilement et nous ne savons rien du caractère du jeune Bruce. Par ailleurs, toutes les aventures d’Héraclès l’amènent à régler ses problèmes personnels – qui se sont traduits par une crise de folie au cours de laquelle il tue ses enfants – alors que Batman semblent être dans une position d’attente. Alors qu’il est décrit comme extrêmement ingénieux (il aurait inventé la plupart de ses gadgets), il n’arrive pas à utiliser son intelligence comme une épée tranchante. Il ne prend pas parti, il ne fait pas de choix : il écrase.

On se souvient qu’Héraclès a la massue pour arme favorite, et qu’il se couvre de la dépouille du lion de Némée. De même, Batman utilise des tonfa, ou des batarang et il est enveloppé dans un costume qui tient lieu de peau de chauve-souris.

La massue est une arme primitive et brutale. Elle écrase par la force. Pour Paul Diel, son symbolisme dépend ce celui qui la porte : “perversité écrasante” entre les mains du brigand, et “écrasement de la perversité” entre les mains du héros. En ce sens, elle est un symbole de la force qui a des vertus positives lorsqu’elle est au service de la justice, et des effets négatifs lorsqu’elle sert un désir égoïste.

C’est également l’équation de Batman dont la force sert des motifs égoïstes – il ne vit que pour venger la mort de ses parents. La chance de Batman est que ce motif rencontre le bien commun puisqu’il est finalement une lutte contre la criminalité. Mais il est aussi assez évident que si Batman devait choisir entre sa quête personnelle et le bien de Gotham, ce n’est pas la ville qui l’emporterait.

De quoi est ce que le super-héros est il le nom ?

Super heroes Marvel galleryLes super héros sont principalement des héros de l’adolescence, dont il figurent à la fois le processus, les dangers et les issues possibles.

Le super-héros comme moi-idéal

Le Moi-idéal est l’ “idéal de toute-puissance narcissique forgé sur le modèle du narcissisme infantile” (Laplanche & Pontalis, Vocabulaire de psychanalyse")

Le super-héros est le représentant du moi infantile. Il porte les fantasmes de toute puissance de l’enfant d’avant l’épreuve du miroir. Son corps peut se transformer en fonction de ses désirs. Il n’est pas encore limité à une seule forme visuelle. Il capable de toutes les prouesses : il vole, se déplace à une vitesse phénoménale, résiste aux environnements les plus extrêmes, ignore les limitations de l’espace (téléportation) ou du temps.

Le super héros comme Idéal du Moi.

L’Idéal du Moi est une “instance de la personnalité résultant de la convergence du narcissisme (idéalisation du Moi) et des identifications aux parents, à leurs substituts et aux idéaux collectifs” Il est le “modèle auquel le sujet cherche à se conformer” (Laplanche et Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse)

Le super-héros ne représente plus l’enfant mais les parents tels que l’enfant les perçoit dans ses stades premiers du développement. Le parent est pour l’enfant un géant capable des plus grands prodiges. Il fait apparaitre et disparaitre des objets à volonté. Il accède à des objets qui sont hors de portée de l’enfant. il a une force extraordinaire, il disparait et apparait à volonté. il est à l’enfant un idéal du Moi, et c’est à ce modèle que l’enfant va chercher à se conformer. Le super héros fonctionne comme un idéal. Par ses pouvoirs, il vient à bout des problèmes les plus graves. Les combats qu’il livre avec un environnement dangereux ou contre des méchants retors sont des figurations des conflits internes de l’adolescent. L’environnement représente les menaces d’engloutissement, d’anéantissement, ou de dévoration, c’est à dire les angoisses précoces qui sont réactivées au moment de l’adolescence tandis que les méchants sont des symbolisations des mauvais aspects des parents.

Le super héros comme figuration du processus pubertaire

Les pouvoirs des super héros apparaissent toujours au moment de l’adolescence, le plus souvent après le décès d’un proche où à l’occasion d’un conflit mettant en danger la vie de quelqu’un. C’est au moment ou l’adolescent traverse une crise personnelle grave que ses pouvoirs apparaissent.  Ils symbolisent la nécessité pour tout adolescent de s’approprier les pouvoirs du monde des adultes, et en premier chef de ceux des parents c’est à dire des pouvoirs de la sexualité et de la procréation. 

Le super héros est un représentant des transformations corporelles et des opérations psychique de l’adolescence. Les corps des super héros mettent en images les transformations du pubertaire. L’apparition de la pilosité est figurée par les transformations en formes évoquant des animaux poilus (Wolverine, Dent de Sabre)  tandis  que les modifications de taille du corps sont des figurations de fantasmes d’érection. Colossus, dont le corps grandit jusqu’à 2 m 25, le poids augmente jusqu’à 220 Kg et la peau se transforme en un métal organique indestructible est un bon représentant de ce fantasme phallique. 

Les opérations psychique sont également figurées. Les corps durs et invulnérables illustrent les défenses par rigidification du moi peau (défense de caractère). Les boucliers, qu’il s’agisse de l’extraordinaire bouclier de Captain America, de la cape de Batman, ou du bouclier psychiques d’Invisible Girl illustrent la nécessité de mettre en place des défenses solides tout autant que la tendance de l’adolescent à recourir à des mécanismes projectif pour régler ses problèmes.

Les pouvoirs de télépathie illustrent l’ambivalence de l’adolescent qui souhaite la fois la plus grande intimité psychique et qui la craint comme un des plus grandes menaces. La fragilité identitaire est marquée par les pouvoirs par lesquels le héros prend possession en partie ou en totalité d’une autre personne. Malicia dont le pouvoir est d’absorber la mémoire, les connaissance et l’énergie vitale de toute personne qu’elle touche peau à peau est la personnalisation du mécanisme d’identification dans ses composantes les plus archaïques (identification adhésive et identification projective)

Les mouvements d’envie et d’avidité sont rendus par les supers héros dont les pouvoirs sont organisés autour de l’aspiration. Galactus, dont la voracité menace des univers entiers, est un excellent représentant de l’avidité orale qui est réactivée à l’adolescence, tandis que le Surfeur d’Argent, figure à la fois la révolte adolescence contre l’autorité et l’idéalisme sans borne de cette période.